Elargissement de l’Union Européenne : Bienvenue à la Croatie !

Au 1er juillet prochain, la Croatie deviendra le 28ème Etat membre de l’Union européenne, et  le 2ème Etat de l’ancienne République de Yougoslavie à rejoindre l’Union après la Slovénie en 2004.

 

1 langue, 1 commissaire, 7 voix et 12 députés

Le premier des droits d’un nouvel Etat membre est celui d’ajouter de nouvelles langues officielles au régime de l’Union européenne afin d’être à égalité de traitement avec les autres Etats. La Croatie a déjà demandé que le croate soit la 24ème langue officielle de l’Union européenne : ainsi, tous les documents officiels et tous les débats publics seront traduits. Pour rappel, lors de son adhésion à l’Union en 1974, l’Irlande avait demandé que le gaélique soit langue officielle de l’Union car c’est l’une des deux langues officielles de la République. Par contre, l’Espagne n’a jamais voulu octroyer au catalan, au basque et au galicien, le statut de langue officielle de l’Union.

Le deuxième droit d’un nouvel Etat membre est celui d’être représenté politiquement comme n’importe quel autre Etat. Ainsi, la Croatie a nommé ‘‘son’’ commissaire européen, le social-démocrate Neven Mimica, qui sera en charge du droit des consommateurs  et qui vient de passer des auditions devant le Parlement européen. Bien que la Commission européenne doive défendre l’intérêt général, chaque Etat a droit à un commissaire européen. De plus, les Croates viennent d’élire 12 députés européens (6 conservateurs de droite et 6 sociaux-démocrates) qui vont siéger au Parlement européen et auront droit de vote dès le 1er juillet prochain. Comme tout Etat membre, la Croatie, siégera au Conseil des Ministres pour voter les textes législatifs européens, elle aura 7 voix sur 352 (comme le Danemark, la Finlande, l’Irlande, la Lituanie et la Slovénie). Enfin, la Croatie sera aussi représentée au Conseil européen (sommet des chefs d’Etat et de gouvernement).

 

Les Balkans occidentaux et le droit des minorités

Après la Slovénie en 2004, c’est donc un nouvel Etat issu des Balkans occidentaux qui rejoint l’Union européenne en 2013. Ainsi, cette région d’Europe rejoint petit à petit l’Union européenne après l’explosion inévitable, au milieu et fin des années 1990, de l’ex-République de Yougoslavie qui s’est faite dans le sang, la guerre et jusqu’au génocide de Srebrenica, ne l’oublions pas.

La haine d’hier, le rejet d’aujourd’hui et les revendications de toujours s’expriment avec violence en cas de conflit politique direct, et les relations entre la Serbie et le Kosovo le prouvent encore aujourd’hui, mais elles s’apaisent quand elles sont vécues dans un espace politique plus grand tel que l’Union. La Slovénie et la Croatie sont en conflit depuis 20 ans pour définir leurs frontières terrestres et maritimes dans le Golfe de Piran, mais c’est la possibilité d’adhésion à l’Union qui a poussé la Croatie et la pression amicale de ses partenaires européens qui a amené la Slovénie à discuter pacifiquement de ce contentieux politique qui, en d’autres temps, aurait fait chauffer la poudre. Mais le conflit entre ces Etats ne doit pas se faire au détriment des minorités qui sont nombreuses en Croatie (serbophones, magyarophones (Hongrois) ou encore des italophones à Rijeka).

 

L’élargissement jusqu’où ?

Après la Croatie en 2013, la liste des élargissements potentiels est encore longue. Officiellement, 5 pays ont le statut de candidats ; autrement dit, ils ont reçu le feu vert des 27 Etats membres pour commencer le processus d’adhésion et dès qu’ils auront respecté l’ensemble des critères exigés, ils deviendront des Etats membres. Cela concerne le Monténégro, la Macédoine, la Serbie, l’Islande et la Turquie. A cette liste, s’ajoutera plus tard l’Albanie qui souhaite devenir candidate officielle mais qui est encore trop loin des standards minimums requis pour le devenir officiellement. Toujours dans les Balkans occidentaux, la Bosnie et le Kosovo, qui n’ont fait aucune démarche officielle à ce jour sont pressentis pour suivre le chemin de leurs voisins, s’ils le souhaitent.

Enfin, au rang des possibles adhésions, il reste l’éternelle question de la Suisse qui souhaite conserver son statut ‘‘de neutralité’’, de la Norvège qui a dit 2 fois ‘‘non’’ par référendum, de l’Ukraine qui ne sait toujours pas si elle doit regarder vers l’ouest européen ou l’est russe, de la Moldavie, pays extrêmement pauvre qui est enclavé entre la Roumaine et l’Ukraine, de la Biélorussie qui vit sous ce qui semble être la dernière dictature d’Europe, voire des pays du Caucase (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie) qui, pour certains d’entre eux, ont déjà fait des pas vers l’Union. Quid de la Russie ? Trop grande, trop forte, trop fière pour intégrer l’Union européenne ? Probablement aujourd’hui.

 

En réalité, le 29ème Etat de l’Union pourrait bien être déjà membre de l’Union elle-même ! Si demain, les Ecossais ou les Catalans disent, lors des référendums organisés en 2014, qu’ils veulent devenir indépendants au sein de l’Union européenne, les 28 autres Etats ne pourront qu’accepter ce choix pacifique, politique et démocratique qui sera celui d’un peuple.

Alors, en attendant le 29ème, souhaitons la bienvenue à la Croatie ! Dobrodošli ! Benvenuti !

 

Roccu GAROBY

Président de l’Alliance Libre Européenne-Jeune

 

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