Quel visage aura l’Europe dans un an ? (2ème partie)

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Le 25 ami 2014, nous éliront nos 751 députés européens qui, à leur tour, éliront le Président de la Commission européenne, auditionneront les 27 autres commissaires européens avant, in fine, d’élire le collège de la Commission européenne dans son ensemble. Mais quel sera le visage de l’Europe en 2014 ?

Le Président de la Commission européenne

Comme nous l’avons vu, il y a beaucoup de candidats et de candidates au poste Président de la Commission européenne amis il semblerait que le Socialiste Martin Schulz, actuel Président du Parlement européen, puisse profiter du triomphe électoral de son adversaire politique en Allemagne, la chancelière conservatrice Angela Merkel, puisqu’elle pourrait signer accord politique avec les socio-démocrates allemands du SPD qui soutienne leur camarade Martin.

Bien que le poste de Président de la Commission dépende d’abord des résultats des élections européennes de l’an prochain, il pourrait s’avérer être déterminer en fonction d’un difficile jeu d’équilibre dont Bruxelles a le secret.

Le Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères

Equivalent du Ministre des affaires étrangères en France, le Haut représentant est le numéro 2 de la Commission européenne, il en est le vice-président et il préside les réunions du Conseil des Ministres réunissant les Ministres des affaires étrangères des 28 états membres.

Il a donc d’importantes responsabilités dans un domaine majeur de la vie politique, la diplomatie. Mais ce domaine est considéré par les états membre, et en premier lieu la France et la Grande-Bretagne, comme la chasse gardé des chancelleries nationales. Hors de question pour Paris ou Londres de conditionner sa politique extérieure à un accord hypothétique à 28 a fortiori quand les 28 sont aussi divisés que sur la Syrie ou le Mali ! C’est pour cette raison que, dès sa création en 2009 avec le traité de Lisbonne, la France, de l’extérieur, et le Royaume-Uni, de l’intérieur en y poussant une des sienne, se sont empressé de tuer le poste.

Aujourd’hui ce poste est tenu par Madame la baronne Catherine Ashton et bien que son nom ne semble pas l’indiquer elle est une travailliste (gauche britannique). Mais qui la remplacera l’an prochain?

Elle a peu de chance d’être soutenue par le Premier Ministre conservateur Britannique. Le Premier Ministre libéral polonais, Donald Tusk, après avoir caressé l’idée de postulé au poste de Président de la Commission européenne semble viser ce poste pour son Ministre des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, arguant qu’un grand pays de l’est a le droit à un grand poste. Mais il pourrait être offert à un ‘‘petit’’ pays habitué aux négociations de couloirs pour trouver des compromis impossible, à ce jeu là les belges et les luxembourgeois sont rois.

Le Président du Conseil européen

C’est l’autre ‘‘grand poste’’ à renouveler l’an prochain. Herman Van Rompuy, ayant déjà fait 2 mandats de 2,5 ans, il doit partir et laisser sa place à quelqu’un d’autres.

Ce poste de l’ombre est clé dans le jeu intergouvernemental des états membres. En effet, il prépare, organise et préside les travaux du Conseil européen (chefs d’état et de gouvernement), il est celui qui cherche le compromis qui puisse débloquer la machine européenne. A ce jeu, Junker, le Premier Ministre luxembourgeois depuis 1995 !, pourrait faire un bon Président car il semble compliquer pour un ‘‘grand pays’’ d’avoir ce poste sensible.

La véritable question pour ce poste est : les chefs d’état et de gouvernement vont-ils choisir une marionnette pour renforcer l’Europe intergouvernementale qui prend des décision sans débat public, qui décide sans vote, et qui impose ses choix à la seule institution élu au suffrage universel direct, le Parlement européen ou vont-ils choisir un européen convaincu qui travaillera dans l’ombre puis s’effacera devant le Président de la Commission européenne, véritable chef de l’exécutif européen, responsable devant le Parlement. Posez la question, c’est y répondre un petit peu.

Monsieur Euro

Dans les prochaines, années, nous allons très probablement avoir un nouveau traité européen pour approfondir l’intégration européenne, au moins entre les états de la zone euro, car l’absence de structure macro-économique et de déficit démocratique au sein du zone monétaire unique comme l’eurozone aggrave la crise, empêche toute sortie durable de cette crise et éloigne les citoyens du prochain européen.

Il faut un ‘‘Monsieur Euro’’ responsable devant les citoyens, visible de tous comme on a un Ministre de finance qui est responsable de la politique économique et fiscal d’un pays. Pour cela, le poste du prochain Commissaire européen en charge des affaires économiques et monétaire pourrait s’arracher à un prix élevé entre les ‘‘faucons’’ qui demandent toujours plus d’efforts, de coupes, de réductions des aides sociales et les socialistes qui veulent ‘‘donner du temps au temps’’ à la réduction des déficits, surtout en période de non-croissance.

L’introuvable équilibre ?

Est-il possible de trouver un accord politique global, un paquet en somme, avec autant de nominations et un seul vote démocratique, celui du Parlement européen ? Ou, comme il y a 5 ans, le Conseil européen va trouver le plus petit dénominateur commun en distribuant les postes selon un équilibre homme/femme, est/ouest, sud/nord, droite/gauche, petit/grand…

L’Europe a des défis immenses à relevé dans les toutes prochaines années et le Parlement aura la responsabilité d’élire nombre de ses postes. Accepter le plus petit dénominateur commun serait un aveu de faiblesse qui ferait de la majorité du Parlement la co-responsable de l’aggravation de la crise.

Roccu GAROBY

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