Malgré la crise, la zone euro a un nouveau membre, la Lettonie

Malgré la crise, au 1er janvier de cette année, la Lettonie est devenue le 18ème Etat sur les 28 à adopter la monnaie unique, l’Euro. Explications.

 

Un parapluie monétaire

La Lettonie forte de 2,2 millions d’habitants sur le demi-milliard que compte l’Union européenne pèse pour 0,2% de la richesse économique de l’Union. Cette économie s’est ouverte vers l’Europe très rapidement après l’indépendance et dépend donc pour beaucoup du commerce avec les autres pays de l’Union. Enfin, la Lettonie avait une monnaie, le Lats, qui était fragile vis-à-vis des fluctuations monétaires internationales.

Autrement dit, la Lettonie, ‘‘petit pays’’ qui a retrouvé récemment son indépendance, en s’extirpant des griffes de Moscou en 1991 à la chute de l’URSS, a eu la volonté de s’arrimer rapidement à l’économie européenne, son adhésion datant de 2004, pour pouvoir bénéficier d’une protection politique, économique et monétaire sans perdre son indépendance comme ce fut le cas sous l’ère soviétique.

 

Les raisons pour adhérer à l’Euro

Rappelons que l’Euro a été créé par le traité de Maastricht, adopté en 1992, et que tout pays adhérant à l’Union après cette date a vocation, à terme, à adopter l’Euro. C’est pourquoi le Royaume-Uni, adhérent depuis 1974, a eu le droit de refuser la monnaie unique lors de la rédaction du traité de Maastricht, et que le Danemark, lui aussi adhérent depuis la même date et ayant rempli toutes les conditions pour intégrer la zone euro, a demandé à ne pas y être intégré pour l’instant. En fait, le seul contre-exemple à cette règle ‘‘adhésion post-Maastricht’’, c’est la Suède, adhérente depuis 1995 qui, par référendum, a refusé d’adopter l’Euro.

Des trois pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) la Lettonie est le second, après l’Estonie en 2011, à rejoindre la zone euro. La principale raison en est qu’avec une économie de plus en plus ouverte, principalement vers l’Union européenne, même si dans certains secteurs, les échanges sont encore et avant tout avec le grand voisin russe, notamment pour le gaz par exemple, la Lettonie, n’a pas grand intérêt à avoir une monnaie fluctuante vis-à-vis de ses principaux partenaires commerciaux. La stabilité monétaire est gage de visibilité et de développement économique.

Une stabilité de change, même au prix d’un transfert de souveraineté monétaire, vaut bien mieux qu’un semblant de souveraineté qui exploserait à la moindre crise monétaire et ne saurait assurer le développement économique du pays en cas de grandes variations monétaires : un parapluie monétaire, en somme. Dès lors que ce raisonnement économique, et hautement politique, est fait, il n’est pas étonnant de voir tous les nouveaux pays de l’Union ayant adhéré dans les années 2000 demander à entrer dans la zone euro au plus vite.

 

L’avenir de l’Euro

Bien que la violence de la crise économique actuelle, plus violente encore dans certains pays de la zone euro, comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande, ait quelque peu ralenti les ardeurs de certains pays à adopter l’Euro, comme la Pologne qui a repoussé sine die son adoption à l’Euro. En réalité, c’est plus l’absence d’outils monétaires, (possibilité pour la Banque Centrale Européenne de jouer pleinement le rôle de banque centrale), économiques, (la mise en place d’un véritable gouvernement économique européen responsable devant le Parlement européen), et financiers, (avec la création d’un véritable budget européen de la zone euro qui soit capable d’endiguer les crises et de relancer l’économie au sein de la zone euro) qui pose problème plutôt que l’Euro lui-même.

En effet, sur nombre de questions économiques majeures, la situation du Royaume-Uni, qui a pourtant gardé sa livre sterling, est bien plus mauvaise encore que la plupart des pays ayant l’Euro.

L’Euro n’est donc pas le problème en soi mais se trouve au bord du précipice. Soit nous lui donnons les moyens de sa survie afin de relancer l’économie européenne, soit il risque de couler et le prix à payer risque alors d’être très élevé.

 

Roccu GAROBY

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