Qui sera le prochain président de la Commission européenne? (Partie 1)

La plupart des partis politiques européens ont désigné, ou sont en train de désigner, un candidat pour le poste de Président de la Commission européenne, chef de l’exécutif européen. Tour d’horizon des candidats.

 

Bové-Keller, un couple franco-allemand pour les écologistes

Mercredi 29 janvier, après 3 mois d’une primaire européenne écologiste qui fut tout autant décevante par la participation, avec seulement 23000 votants à travers l’Europe, qu’historique parce qu’elle n’en est pas moins la première de l’histoire de la construction européenne, José Bové et Ska Keller ont été désignés tête de liste pour les écologistes. Les écolos européens ont donc choisi un couple franco-allemand équilibré avec un homme et une femme (peut-être même la seule tout partis confondus ! ?) ; une jeune, Ska Keller (32 ans) et un ancien, José Bové 61 ans : une hyper connectée aux nouvelles technologies et un ancien paysan,  le nord et le sud de l’Europe. Deux profils, deux visages qui peuvent couvrir l’ensemble de l’électorat écologiste et au-delà même. Mais pour cela, les écologistes, qui n’ont pas de réelles chances d’avoir ce poste de la Présidence de la Commission, peuvent néanmoins peser en forçant les véritables candidats potentiels, qu’ils soient socialistes ou de droite, à prendre des positions sur des sujets aussi importants que le changement climatique, les OGM, l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis ou encore le gaz de schiste.

Tsipras, le Grec qui a dit ‘‘OXI’’, pour les communistes

Alexis Tsipras est peut-être un nom qui ne vous dit rien, mais vous connaissez sûrement son visage. En juin 2012, après les élections législatives grecques, il est celui qui a dit ‘‘OXI’’ (non en grec) aux politiques d’austérité dictées par la troïka composée par la Commission européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fond Monétaire International. Mais parce qu’il a fait courir un risque à la Grèce, et par extension à toute la zone euro, il a été écarté de la formation gouvernementale, car une sortie de la zone euro pour la Grèce ce serait très probablement transformée en chaos économique et social pour les Grecs mais aussi en cataclysme politique pour l’Union européenne. Le 15 décembre dernier, le parti de gauche européen, auquel adhère le front de gauche français, l’a désigné comme tête de liste pour les européennes avec l’espoir de faire un carton dans les pays du sud touchés par niveau de chômage de masse.

Verhofstadt, un belge fédéraliste pour les libéraux

Le 20 janvier dernier, Verhofstadt et son adversaire Rehn, l’actuel Commissaire en charge des affaires économiques et monétaires, ont trouvé, en catimini un accord pour que le second se retire de la course en interne. Ainsi, le Président du groupe des libéraux et démocrates au Parlement européen, regroupant le Modem français, Guy Verhofstadt est devenu le candidat des libéraux. Surnommé ‘‘Baby Thatcher’’ en référence à l’ultralibérale Première Ministre britannique dont il se considérait l’héritier dans les années 1990, l’ancien premier Ministre Belge a évolué sur sa gauche, durant les 5 dernières années, sans pour autant être suivi par son groupe politique. De même, s’il est en pointe sur le fédéralisme européen, ce qui lui a valu de ne pas avoir le poste de Président de la Commission européenne en 2004 barré par Tony Blair, le travailliste britannique qui ne voulait pas voir de fédéraliste à la tête de l’UE, son groupe ne le suit pas, avec même une tendance de plus en plus eurosceptique chez certains libéraux notamment allemands et britanniques, poids lourds chez les libéraux.

En réalité, ces candidats n’ont quasiment aucune chance de devenir le ou la prochain(e) Président(e) de la Commission européenne mais le fait qu’ils participent au débat démocratique et par la personnalisation de la campagne va permettre aussi aux Européens de s’identifier à un projet et à une vision politique. De plus, il est à noter que les partis eurosceptiques, europhobes et d’extrême droite n’ont pas choisi de candidat, soit parce qu’ils sont incapable de se mettre d’accord sur un nom (europhobes et extrême droite), soit parce qu’ils considèrent que le seul exécutif qui compte, c’est le gouvernement national (eurosceptiques).

Roccu GAROBY

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