Le peuple breton: un peuple fier, un peuple solidaire!

Ce week-end (vendredi 2 et samedi 3 mai) ont eu lieu, à Lorient, les 50 ans de l’UDB, l’Union Démocratique Bretonne en présence de près de 200 militants bretons, de François Alfonsi, député européen de la Corse, Gustave Alirol Président de R&PS, Günther Dauwen, directeur de l’ALE et de Roccu GAROBY Président des jeunes de l’ALE. Retour sur 50 ans de luttes, avant un état des lieux de la Bretagne à l’aube d’une période électorale cruciale qui s’annonce.

Un week-end aux couleurs de la Bretagne!

Un demi-siècle, ça se fête ! Et quelle fête, serait-on tenté de dire ! L’UDB est un parti politique autonomiste de gauche qui se bat notamment pour la reconnaissance du peuple breton, de sa langue et de sa culture mais aussi pour le rattachement du département de la Loire-Atlantique à la Bretagne, dont Nantes, ancienne capitale de la Bretagne, est le chef-lieu. A l’occasion de cet événement, elle a eu probablement l’un des plus cadeaux pour ses 50 ans : une finale de la Coupe de France 100% bretonne, un match splendide qui a vu la victoire de Guingamp sur Rennes, 2 buts à 0, le tout accompagné de l’hymne breton, ‘‘le Bro gozh ma zadoù’’ (Le vieux pays de mes ancêtres), magnifiquement interprété par Nolwenn Leroy au milieu de milliers de Gwenn ha du, le drapeau breton. Mà chi piacè di vede un populu fieru di i so culori è di e so squadre!

Si le rouge et le noir, couleurs de Guingamp et de Rennes, étaient présents sur la pelouse, ce sont bien les couleurs de la Bretagne, le noir et le blanc, qui ont flotté, le temps d’un match, sur les écrans de toutes les télévisions de France.

Mais ce week-end n’était pas seulement un week-end foot, c’était aussi un week-end politique, celui des 50 ans de l’UDB qui est en pointe sur la reconnaissance d’un peuple, d’une langue, d’une culture aujourd’hui en grave danger. L’UDB, c’est aussi 50 ans de luttes sociales pour un autre modèle économique et social qui se veut plus juste, plus écologique et plus décentralisé, au sein d’une Europe plus forte et plus sociale, et qui s’oppose au centralisme jacobin français autant qu’au renfermement sur soi prôné par les extrêmes de tout bord.

‘’La Bretagne pour une Europe sociale’’

Mais revenons aux fondamentaux ! Faut-il rappeler que la Bretagne historique, comprenant 5 départements (Finistère, Côtes d’Armor, Morbihan, Ille-et-Vilaine et Loire Atlantique), a été dépecée par Pétain en 1941 en lui ôtant la Loire-Atlantique dont chef-lieu est Nantes ? Depuis, la France n’a jamais voulu entendre parler de ‘‘réunification’’ de la Bretagne, malgré la volonté de tout un peuple et les logiques historiques, politiques, économiques autant que sociales et culturelles !

Faut-il rappeler que les Bretons doivent se battre tous les jours pour que leurs écoles d’immersion, les fameuses écoles Diwan, aient les moyens d’assurer la pérennité de la langue bretonne ?

Faut-il rappeler que les Bretons, à l’image des arrêtés Miot pour la Corse, ont dû descendre dans la rue, bonnet rouge sur la tête, (référence à la révolte de 1675 contre les nouveaux impôts sur le papier timbré et l’étain, imposés par Louis XIV) pour forcer Paris à reculer sur une spécificité de la Bretagne : à savoir la gratuité des autoroutes ? L’écotaxe, devenue le symbole du ’’trop d’impôts tue l’impôt’’, pour certains, a surtout été vécue comme une façon de faire payer deux fois par les Bretons les infrastructures du transport des Parisiens : une fois par l’impôt et une fois par l’écotaxe, grâce à nos (très) chers énarques parisiens !

Mais aujourd’hui, la Bretagne est peut-être, à l’image de ce qui se passe ailleurs en Europe et notamment en Corse, au début d’un vrai changement politique. Les élus de tous bords commencent à reprendre les thèmes de l’UDB, que ce soit l’autonomie ou la réunification de la Bretagne, quand par exemple le Président PS de la Commission des lois à l’Assemblée Nationale : Jean-Jacques Urvoas, (un proche de Manuel Valls), plaide publiquement dans la presse pour la création d’une assemblée de Bretagne unique, idée portée de longue date par l’UDB, alors que s’ouvre le débat sur la réforme – en profondeur ?- du millefeuille territorial français.

Mais il ne faut jamais oublier que la gauche française est mitée de jacobins ‘‘pur jus’’, souvent plus violents que ceux de droite (cf : Jean Pierre Chevènement ou Jean-Luc Mélenchon), et que seule, la lutte politique soutenue populairement dans la rue ou dans la vie quotidienne et démocratiquement dans les urnes pourra renverser le jacobinisme français et assurer la promesse d’une Europe ‘‘Unie dans la diversité’’.

Ça tombe bien ! Christian Guyonvarc’h, ancien porte-parole de l’UDB, mène une liste aux élections européennes, dans la circonscription du grand ouest intitulé ‘‘la Bretagne pour une Europe sociale’’, liste d’ouverture, composée de nombreux jeunes Bretons. Au nom de l’ALE-jeune, nous leur souhaitons le meilleur pour eux et pour la Bretagne!

Roccu Garoby – Président de l’ALE-jeune

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