Élections européennes : historiques à bien des égards!

Les résultats définitifs ne sont pas tous tombés au moment où je rédige ces lignes mais les tendances sont claires. Baisse de la droite au profit de l’extrême droite populiste, un bloc de gauche qui se maintient à son seuil historiquement bas, des partis pro-européens moins nombreux mais toujours largement majoritaires et l’ALE qui fait un carton!

European Parliament Elections 2014

Pour la première fois en 35 ans, le taux de participation n’a pas baissé en s’installant aux alentours de 43%, ce qui reste un niveau faible, voire très faible, si on considère que dans certains pays le taux de participation est descendu à 20%, mais il se stabilise au niveau de celui des élections fédérales aux Etats-Unis, toutes proportions gardées.

Le carton de l’ALE

L’Alliance Libre Européenne (ALE) a fait un carton et son meilleur résultat! Les partis de l’ALE ont 12 élus, soient 5 de plus qu’en 2009! Les nationalistes écossais ont échoué d’un fil pour l’obtention du 3ème siège. Mais 2 Catalans, 1 Basque, 1 Valencien, 4 Flamands, 1 Galloise et 1 russophone de Lettonie viendront grossir les rangs de l’ALE qui n’a jamais été aussi forte. Ce qui permet de garder à flot le groupe composé des écologistes et de l’ALE et ce, malgré la mauvaise nouvelle qui vient de Corse avec la non-réélection de François Alfonsi.

Droite affaiblie mais toujours devant les socialistes

En Europe, la droite s’effondre passant de 274 à 212 élus, mais elle demeure le 1er groupe au Parlement européen. Ainsi, le PPE (UMP en France) revendique la tête de l’exécutif européen, (la Commission européenne) avec Jean-Claude Juncker, ex Premier Ministre du Luxembourg comme candidat au poste.

Les socialistes européens, Français en tête, font le plus mauvais score de leur histoire avec seulement 187 élus, soient 7 de moins que le précédent “record” historique d’il y a 5 an, et qui constituait déjà leur plus grosse défaite européenne. Mais le rapport de force s’équilibre entre les 2 gros groupes. Ensemble, ces derniers ont tout juste la majorité absolue (299 élus sur 751, majorité à 376). Mais ils devront élargir leur coalition car, à Bruxelles, le vote des députés est libre et la cohésion des votes, bien que forte, réserve parfois quelques surprises !

Le magma des petits partis

Les libéraux ont souffert mais ils sauvent les meubles, passant de 85 élus à 72. La débâcle au Royaume-Uni et en Allemagne (- 9 élus) est partiellement compensée par de petits gains un peu partout. Ils resteront la 3ème force et devront faire partie d’une grande coalition pour la ”stabiliser”.

Le groupe Verts-ALE, dans lequel siégeait François Alfonsi, arrive presque à conserver son cru historique de 2009, ne perdant que 3 élus, de 58 à 55 élus, et ce malgré la chute vertigineuse d’Europe Écologie en France, passant de 16 à 6 élus. Pour la 1ère fois, des écologistes d’Europe centrale sont élus, (2 en Hongrie par exemple) et les résultats, partout ailleurs, sont plutôt bons pour les écologistes et l’ALE, comme expliqué plus haut.

Les conservateurs de droite se tassent en perdant 12 élus (de 57 à 45 élus) : le vote sanction contre David Cameron au Royaume-Uni mais aussi les mauvais résultats en République tchèque font que ce groupe continuera d’exister mais pèsera de moins en moins.

Les communistes sont les seuls, à gauche, à progresser, passant de 35 à 43 élus, sans pour autant réussir à capitaliser sur le score de leur tête de liste, Alexis Tsipras, sorti en tête en Grèce avec près d’un quart des voix.

Une extrême droite plus forte mais marginalisée

Enfin, avec des scores à 2 chiffres, parfois même au-delà de 20%, comme en France (25%), au Danemark (23%), au Royaume-Uni (22%) et en Autriche (20%), la droite europhobe et l’extrême droite font un gros coup, au point parfois d’être qualifié de tremblement de terre! En fait, ils seront environ 140 députés européens, 137 pour être précis, qui appartiendront à la droite extrême : europhobe ou à l’extrême-droite, dont les 24 élus du Front National, les racistes flamands du Vlaams Belang, les néo-fascistes antisémites hongrois du Jobbik, les néo-nazis grecs d’Aube dorée ou d’autres partis tout aussi peu fréquentables.

Jamais ils n’ont été si nombreux, mais jamais ils ne bloqueront le projet européen. Les partis démocratiques, droite incluse, ont toujours érigé contre eux un ”cordon sanitaire” pour les marginaliser.

L’Europe, aussi imparfaite soit-elle, est à construire ensemble dans le compromis politique, en tenant compte de la diversité des peuples qui la composent. Si l’on veut convaincre qu’il en est de l’intérêt de nos peuples, de nos langues et de nos cultures, de l’intérêt de notre démocratie, de notre mode de vie et de notre souveraineté, qu’il faut construire l’Europe, alors il va falloir d’abord commencer par le b-a ba politique: faire de la pédagogie!

Roccu GAROBY
Président de l’Alliance Libre Européenne-Jeune

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