Les nationalistes écossais aux portes du pouvoir à… Londres!

Le Scottish National Party (SNP) qui gouverne l’Ecosse depuis 2007 et qui défend l’indépendance de l’Ecosse au sein de l’Union européenne est en passe de faire une razia aux prochaines élections législatives britanniques!

 

Une Ecosse progressiste dans un Royaume-Uni conservateur

Indubitablement, l’Ecosse est une terre progressiste et une nation pro-européenne mais depuis peu, les Ecossais, sous l’impulsion politique du Scottish National Party (SNP), ont décidé de prendre leur destin en mains afin qu’il ne leur échappe plus et que leur vote soit enfin reconnu.

Déjà, lors du référendum sur l’indépendance, le 18 septembre dernier, 45% des électeurs ont osé dire ”YES” au rêve d’indépendance considérant que l’Ecosse serait plus prospère, plus juste et plus durable si elle devenait un Etat indépendant, membre de l’Union Européenne plutôt qu’en resta une simple région administrée par le très conservateur Royaume britannique.

En réalité, plus qu’une inimitié entre Ecossais et Anglais, c’est un véritable choc politique, au sens plein du terme, qui est en train de se profiler -démocratiquement- en plein jour entre d’une part une Angleterre de plus en plus conservatrice, réactionnaire et europhobe et de l’autre, l’Ecosse, le Pays de Galles, l’Irlande du nord et même la Cornouailles qui, à des degrés divers, sont tous plus progressistes.

500px-Flag_of_Scotland.svg

Des Ecossais trahis par le parti travailliste

Historiquement, le parti travailliste britannique (centre-gauche) est le pilier de la vie politique au nord du mur d’Hadrien et tout particulièrement depuis les années 80. Par exemple, aujourd’hui sur 59 députés écossais élus à Westminster, le Parlement britannique, 40 sont des travaillistes contre 11 libéraux-démocrates (centristes), 6 SNP, 1 conservateur, (le parti du 1er Ministre britannique: David Cameron), et 1 indépendant. Mieux, au sommet de sa forme (1997 et 2001), la branche écosssaise du parti travailliste a même réussi l’exploit d’obtenir 56 élus sur 72, (soit plus de 3/4 des sièges!), et de 2007 à 2010 le 1er Ministre britannique était un travailliste écossais, Gordon Brown.

Mais cette lune de miel entre les Ecossais et les travaillistes semble s’être définitvement achevée car les travaillistes ont, depuis, largement déçu les Ecossais, et cela pour au moins 3 raisons. Tout d’abord, au pouvoir à Londres (1997-2010), les travaillistes n’ont pas mené la politique attendue par leur électorat, avec notamment la guerre en Irak, lancée alors que toutes les nations du Royaume-Uni étaient contre, ou la crise économique d’une rare violence outre-Manche et qu’aujourd’hui encore, la situation sociale ou celle des finances publiques britanniques sont très mal en point.

Ensuite, les travaillistes dans l’opposition (2010-2015) sont tout aussi favorables à l’austérité que le très conservateur 1er Ministre David Cameron. Encore tout récemment, les députés travaillistes ont adopté des coupes sombres dans la sécurité sociale britannique en joignant leur voix à celle de la majorité libérale-conservatrice!

Enfin, lors du référendum, le parti travailliste a mené une campagne féroce contre l’indépendance bras dessus, bras dessous avec le ”soit-disant adversaire politique”, le parti conservateur, qui nn’est toujours pas passé en Ecosse même -et surtout- chez les électeurs travaillistes ayant voté finalement ”NO” en espérant une véritable décentralisation politique promise par les leaders des 3 partis traditionels quelques jours avant le vote!

 

Le SNP, la seule alternative!

Depuis, ce sont les partis pro-indépendance, et d’abord et avant tout le SNP, qui trustent la confiance des électeurs dans les sondages, au point que ces derniers, pour les prochaines élections législatives britanniques, annoncent un raz-de-marée nationaliste qui donnerait jusqu’à 45 sièges au SNP contre seulement 10 pour les travaillist’es, 2 aux libéraux et 2 aux conservateurs!

Si ces pronostics se confirment dans les urnes, ce serait un véritable tremblement de terre politique outre-Manche! Car sans les élus écossais, il n’est quasiment pas possible au parti travailliste d’obtenir une majortié absolue et donc de gouverner!

Autrement dit, les nationalistes écossais pourraient être les faiseurs de Roi à Londres! Sans eux, point de majorité. Et pour encore renforcer cette stratégie, le SNP a fait une alliance avec le Plaid Cymru, son homologue gallois, et les écologistes afin, qu’ensemble, ils mettent fin à la politique d’austérité au Royaume-uni et que Londres respecte enfin le droit des nations britanniques à s’auto-déterminer librement.

De facto, le SNP est devenu la seule et unique alternative progressiste et pro-européenne pour les Ecossais, car il est désormais en situation de mettre un terme au gouvernement conservateur de David Cameron, d’empêcher le retour d’un parti travailliste sur une ligne tout aussi libérale que le conservateur sortant, et de défendre réellement les intérêts de l’Ecosse à Londres.

Et dire que tout cela est arrivé parce qu’ils ont perdu le référendum sur l’indépendance! A vrai dire, ils n’ont jamais été aussi près de l’auto-détermination qui naît dans les esprits, se poursuit dans les urnes et s’achève dans les faits.

 

Roccu GAROBY

Président de l’Alliance Libre Européenne Jeune

Advertisements