Bastia – Paris: Bien plus qu’un match de football!

Le samedi 11 avril 2015 aura lieu la finale de la coupe de la Ligue de football à Paris. Au delà de l’aspect sportif et de la fête dans les tribunes, ce match est un vrai match politique!

David contre Goliath

Sur le papier, il n’y a pas photo, le match sera celui de David contre Goliath. Le Paris Saint-Germain, le plus gros budget de la ligue 1 avec 490 millions d’euros de budget pour la saison 2014-2015, affrontera le plus petit budget de l’élite du football français: le Sporting Club de Bastia qui n’a que 22 millions d’euros pour le même excercice, soit 22 fois moins! Pis, le seul salaire de la ”star” parisienne, le suédois Zlatan Ibahimovic, qui touche près de 22 millions d’euros par an (primes comprises), représente 1 an de budget du club corse! En quelques chiffres, tout est dit ou presque!

Qu’on regarde le palmarès des clubs: 4 titres de champion de France, 1 coupe européenne, 8 coupes de France et 4 coupes de la ligue pour Paris, 1 coupe de France et une finale de coupe d’Europe pour les Turchini, les titres glanés ces dernières années: 5 pour le club quatari, 1 titre de champion de national en 2011 et 1 titre de champion de ligue 2 un an plus tard, ou les attentes des dirigeants des clubs: obligation de gagner pour la Capitale, déjà un exploit d’être là pour les Corses, on se dit que le match, du point de vue sportif, est joué d’avance…

Sauf à se souvenir de la fin de l’histoire entre David et Goliath, car c’est bien le ”petit” qui l’emporte en jouant de la ruse, de l’envie et de la confiance en soi, tout comme ce 10 janvier 2015, quand le SCB, mené 0 à 2, s’est imposé (4-2) contre l’armada parisienne, ou encore dans cette demi-finale de rêve jouée à Monaco, durant laquelle le public corse, qui s’était déplacé en masse, avait fait la différence lors de la séance de pénaltys!

”Un’isula, un populu, una fede”

L’espoir de renverser, encore, tous les pronostics (1 chance sur presque 10 pour une victoire corse selon les pronostics) et le rêve fou de ramener la coupe, 34 ans après l’unique titre majeur du SCB, est dans la tête de tous les joueurs, dirigeants, supporteurs et Corses.

On peut ne pas aimer le football, ni le SCB mais on ne peut nier que les peuples ont besoin de se retrouver et de partager des joies et des peines. En cela, le club corse en est un grand contributeur, de l’épopée européenne de 1978 à la catastrophe de Furiani en 1992, la vie du SCB a rythmé la vie des Corses.

De toute façon, on n’a pas un tel nombre d’abonnés ( plus de 10 000, venant des 4 coins de l’île qui compte un peu plus de 300 000 habitants), sans qu’un lien presque spirituel ne se tisse entre un club et ses supporteurs. Cela passe par le fait que l’histoire du club soit apprise par tout le monde. Les anciens l’enseignent aux plus jeunes et les dirigeants aux joueurs qui arrivent.

La Corse contre Paris!

Mais ce match est bien plus qu’un match de foot qui verra s’opposer 2 équipes de football que tout sépare, ce match sera aussi un match qui où s’opposeront 2 visions du sport (des mercenaires financés par l’argent-roi coulant à flot depuis le Quatar contre les guerriers de Furiani, soutenus par tout un peuple), 2 visions politiques (tout écraser par sa puissance notamment financière contre le droit à l’existence).

Existe-t-il plus belle occasion, une finale à Paris, pour cette rencontre au sommet? Existe-t-il plus belle (et symbolique) enceinte que le stade de France pour porter haut et fort les couleurs du peuple corse, son drapeau et son hymne?

Existe-t-il un meilleur moment pour cette rencontre, seulement 2 jours avant que la Ministre de la décentralisation, Marylise Lebranchu, ne rencontre les élus de la Corse, élus légitimes du peuple corse, à Paris? Existe-t-il meilleure audience pour montrer aux autres peuples de France et d’Europe que le peuple corse est un peuple à part entière, un peuple fier, un peuple qui ne demande qu’à être respecté?

A l’instar d’un match FC Barcelone – Real Madrid en Ligue espagnole ou d’un Ecosse – Angleterre dans le tournoi des 6 nations de rugby, ce match sera l’occasion pour tout un peuple de se retrouver au-delà des différences géographiques ou politiques, de revendiquer son droit à être respecté et de faire la fête, quelque soit le résultat, dans les tribunes, pour ceux qui auront la chance d’y être, devant l’écran géant à Bastia ou encore devant leur téléviseur, en Corse ou ailleurs.

Le banc des perdants!

Mais n’oublions pas qu’ici, nous parlons de football et que l’esprit sportif ne doit jamais passer en arrière plan et ce, quelque soit l’adversaire en face. Samedi, il y aura un seul vainqueur, c’est la règle, espérons simplement que ce soit le banc corse.

Mais si, samedi soir, il doit y avoir un banc où se retrouvent tous les perdants, je souhaite, que ce soit celui des officiels. Là où siègeront tous les jacobins anti-corses de l’Etat et/ou de la Ligue de Football Professionnel qui devront subir pendant 90 minutes, peut être même plus, cette vision “d’horreur” d’un peuple fier qui porte haut son drapeau, qui chante son hymne et qui supporte son équipe.

Et si, en plus de cela, Yannick Cahuzac, le capitaine bastiais, pouvait soulever la coupe juste devant eux, alors ce serait vraiment bien plus qu’un match de football!

Forza Bastia! Uniti Vinceremu!

Roccu GAROBY

Président de l’Alliance Libre Européenne jeune

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