L’Union Européenne à l’heure du grand changement!

Dans les toutes prochaines années, voire les tous prochains mois, l’Union européenne pourrait fondamentalement changer de visage. Les situations en Grèce et en Grande Bretagne ainsi que les besoins propres de la zone euro imposent que l’Europe se réforme! Et ça a, peut-être, déjà commencé!

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Vers un ”Grexit”?
Depuis 2010, on parle beaucoup du ”Grexit”, une contradiction de ”Grèce” et de ”exit”, c’est-à-dire la sortie de la Grèce de la zone euro. Les négociations en cours entre le gouvernement grec d’Alexis Tsipras, les autres gouvernements européens, notamment allemand, et les institutions européennes nous donneront très prochainement des éléments pour savoir si Athènes restera dans la zone euro ou non.
Pourtant, il est intéressant de constater que des courants idéologiquement divergents poussent dans le même sens, pour ou contre la sortie.
Favorables au ”Grexit”, les faucons, comprenez les plus orthodoxes des ultra-libéraux, notamment allemands, ne veulent pas, ou plus, payer pour les ”Grecs” et sont prêts à prendre le risque (économique) de faire sortir la Grèce. À côté des faucons, il y a l’extrême gauche qui accuse l’Europe d’être ultra-libérale et donc défend une sortie de l’euro pour mener des politiques économiques progressistes. Paradoxalement, une partie de l’extrême-droite rejoint aussi ce camp en attaquant l’Europe et ses fondements non-démocratiques, demandant que la politique monétaire soit rapatriée dans les capitales.
Ce conglomérat hétéroclite est plus que curieux mais n’est pas moins hétérogène que celui qui prône de conserver la Grèce au sein de la zone euro. Tout d’abord, une immense majorité des Grecs, et ce malgré les politiques d’austérité inouïes que les Grecs subissent, ne souhaite pas sortir de la zone euro. De plus, la majorité des partis pro-européens, qu’ils soient de droite (chrétiens-démocrates et libéraux) ou de gauche (socialistes et écologistes), refusent de faire le saut dans l’inconnu. Jamais, l’euro et l’Europe n’ont été conçus autrement ”qu’une Union toujours plus étroite”, expression inscrite, par ailleurs, dans les traités. Dès lors, pour eux, accepter des sorties de l’Euro, c’est remettre tout le projet européen en question.

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Vers un ”Brexit”?
Remettre en question l’ensemble du projet européen, c’est bien ce que voudrait faire le Royaume-Uni! David Cameron, le Premier ministre britannique, souhaite d’ailleurs effacer des traités l’expression ”une Union toujours plus étroite”. Et avec le référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l’Union, prévu au plus tard fin 2017, c’est la question du ”Brexit”, contraction de ”British” et ”exit”, qui se pose.
Dans le cas britannique, deux blocs hétérogènes s’opposent mais avec des caractéristiques bien différentes à celles de la Grèce. En effet, c’est au sein même du Royaume-Uni que les voix pour la sortie de l’Union, bien qu’elles semblent être minoritaires aujourd’hui, sont les plus fortes. Paradoxalement, ces voix ont le soutien de la plupart des forces politiques continentales, souvent issues des extrêmes, qui voient, et pas forcément à tort d’ailleurs, le Royaume-Uni comme le ”Cheval de Troie” des États-Unis et du libéralisme en Europe.
A l’opposé, la City, le plus grand centre financier européen, et le patronat britannique souhaitent rester dans l’Europe. Et les partis libéraux et conservateurs européens, ayant une grande proximité idéologique avec les Britanniques, ainsi que les pays du nord de l’Europe, pour des raisons géopolitiques, verraient d’un mauvais œil le départ de Londres. Et pour convaincre Londres de rester, les négociations avec Bruxelles ont déjà commencé.

Vers une Europe à 2 vitesses?
Que ce soit à travers le ”Grexit” ou le ”Brexit’,’ la véritable question posée est: ” Est-ce que les Européens sont satisfaits de l’Union telle qu’elle est aujourd’hui? Et la réponse est massivement non! ”
Mais, s’il y a une (très) large majorité ”CONTRE” l’Union telle qu’elle est aujourd’hui (déficit démocratique, déséquilibres économiques, injustices sociales, non prise en compte des demandes d’autodétermination des nations sans Etats…) il n’y a pas, pour autant, de majorité ”POUR” une quelconque alternative, nous laissant, de facto, dans ce mortifère statut quo.
C’est peut-être afin de répondre au mortifère statut quo, tout en essayant de trouver une solution au grand écart en Europe entre des pays qui partagent la même monnaie, et qui ont donc des contraintes budgétaires supérieures, et ceux qui n’ont pas l’Euro et qui veulent moins d’Europe que le Ministre français de l’Économie, Emmanuel Macron, et le Vice-Chancelier allemand, Sigmar Gabriel, tous deux socialistes et pro-européens par ailleurs, ont proposé, dans une tribune commune, une Europe à deux vitesses qui se traduirait par une Union plus étroite et plus solidaire entre Etats de la zone euro et une Europe moins stricte pour les Etats non membres de la zone euro.
Cette idée, en soit, n’est pas nouvelle mais qu’elle soit défendue par les ministres de l’Economie de la France et de l’Allemagne, est un signe qui démontre qu’en coulisses, tout du moins, les grandes manœuvres ont commencé et les changement profonds pourraient arriver bien plus vite que prévu.
À nous, minorités, peuples et nations sans Etat d’Europe, de prendre toute notre part à ce débat sur la réforme de l’Europe. Si nous sommes contre ce mortifère statu quo, nous sommes pour une Europe qui soit un Europe démocratique, une Europe des peuples.

Roccu GAROBY
Président de l’Alliance Libre Européenne Jeune

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