Nous sommes les derniers progressistes!

Nous, les partis politiques représentant les minorités, les régions et les nations sans Etat, réunis au sein de l’Alliance Libre Européenne (ALE), sommes partout, sur nos territoires, les derniers progressistes!

Un nouveau clivage politique!

L’ensemble des pays d’Europe est en train de connaître, depuis quelques années déjà, un changement fondamental de paradigme politique. En effet, on a vécu durant tout le XXème siècle avec le clivage “classique” gauche/droite (socialisme/libéralisme) qui est devenu complètement désuet puisque la majorité des gauches occidentales (notamment les socialistes, les sociaux-démocrates et les travaillistes) ont épousé l’ensemble des thèses économiques de la droite et ne font que de l’accompagnement sociétal du système en place. Dès lors, le nouveau clivage n’est plus entre la gauche et la droite mais entre les conservateurs (ensemble des forces politiques qui regrettent un ordre révolu -extrême droite et extrême gauche-, qui défendent le système en place –la droite- ou qui l’accompagnent -libéraux de droite et de gauche- et les progressistes (ensemble des forces qui combattent le système pour le remplacer par un nouvel ordre respecteux de la planète, de chaque être humain et de chaque peuple).

Les résultats électoraux en Catalogne, en Ecosse ou au Pays de Galles sont là pour nous rappeler qu’après avoir abandonné l’idéal de justice sociale, et la volonté de réformer l’Etat pour qu’il soit au service des peuples, les sociaux-démocrates, travaillistes et les socialistes sont sur le point d’être définitivement remplacés par les forces d’émancipation nationale. Le Labour a quasi disparu d’Ecosse et il est sur la même voie au Pays de Galles. Le PSOE est en voie d’extinction en Catalogne et n’a jamais vraiment trouvé de place en Euskadi! En cela, nous sommes, nous les nationalistes, à peu près partout où il y a une minorité, une région à identité forte ou une nation sans Etat, les derniers progressistes d’Europe!

Incarner l’anti-système!

On ne peut se dire progressite, autrement dit offrir une vie décente à tous les êtres humains et tous les peuples dans le respect de l’environneemnt, sans être résolument anti-système!

Le modèle ultra-libéral dans lequel nous vivons épuise les ressources, les hommes et les esprits. Nous surconsommons les ressources naturelles au point de nous endetter auprès de notre Terre-mère. En effet, chaque année nous consommons et rejetons bien plus que ce que notre planète est capable de produire et d’absorber (en 2015, au 13 août nous avions déjà consommé l’équivalent de ce que la Terre pouvait produire et/ou absorber en un an).

Nous exploitons les plus fragiles et les plus pauvres d’entre nous au point que des enfants, des femmes, des hommes meurent tous les jours pour produire nos biens de consommation et assurer notre train de vie “d’occidentaux”. ”Heureusement”, avec le temps nous avons réussi à envoyer ces travailleurs exploiter assez loin de nous pour que nous ne les voyions pas souffrir et mourir ! En cela, le libéralisme, version délocalisation, a permis d’amnésier toute une population ”occidentalisée”, heureuse parce que détentrice d’un téléphone ou d’une voiture, sans jamais se poser la question des conditions dans lesquelles ces biens avaient été produits, transportés et vendus, ni réfléchir sur les conséquences de ce consumérisme sur l’environnement.

Mais nous appauvrissons aussi -et surtout ?!- nos esprits, chaque fois que nous réduisons le bonheur à un acte de consommation, chaque fois que nous tuons une langue ou une culture ou chaque fois qu’un temple, une église ou une oeuvre d’art est détruit au profit d’une rentabilité économique élevée au rang de dernière divinité sur Terre. Notre planète “occidentalisée”, au sens “libéralisée”, vit dans un système qui asservit autant qu’il l’asservit.

C’est pour cela que nous devons incarner l’anti-système et assumer d’être les derniers progressistes sur nos territoires.

Assumer d’être progressistes!

Être progressiste, c’est choisir de bâtir un autre monde, une autre société fonctionnant autour d’un autre système qui doit se concentrer sur le respect de l’environnement sans lequel nous ne pourrions rien, le respect de ce que nous sommes sans quoi nous ne serions rien et le respect de l’autre (homme ou peuple) sans qui nous ne serions personne.

Ce nouveau monde ne peut sortir du cadre démocratique, s’il veut être accepté, durable et éviter les dérives. Cela veut dire qu’il ne peut y avoir aucune alliance possible avec les forces d’extrême droite quand bien elles combattraient le système dans leur discours. La démocratie ne se résume pas à se faire élire et à gouverner, objectif recherché par la nouvelle extrême-droite soit disant plus “acceptable” et plus “moderne” mais au disque dur toujours bloqué sur les mêmes thématiques, et ayant la même philosophie que la “vieille” extrême droite, mais elle consiste à assurer, par la majorité, le respect et la protection de la ou des minorités.

Ce nouveau monde doit être ouvert à ceux et à celles qui ne sont pas nationalistes mais qui seraient prêts à construire, avec nous, un autre monde qui respecte le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est pourquoi il ne peut y avoir d’alliance avec ceux qui veulent garder le statu quo institutionnel afin d’entériner un ”ordre” défini par les aléas de l’Histoire. Cela veut dire aussi qu’il ne peut y avoir d’union avec des forces conservatrices de gauche, celles qui condamnent, à juste titre, l’accompagnement sociétal par les (socio-)libéraux pour mieux verrouiller le statut quo institutionnel dans un centralisme et un jacobinisme dignes du XIXème siècle.

Etre progressistes au XXI siècle, c’est être anti-système car point de salut pour les hommes, les peuples et la planète avec le système actuel, c’est être profondément démocratique, car point de salut avec les forces d’extrême droite et c’est être profondément ouvert pour pouvoir être majaoritaire et briser le statut quo institutionnel, car point de salut dans le cadre actuel.

Sur nos territoires, nous sommes, bien souvent, comme en Ecosse ou en Catalogne, les derniers progressistes. Et il faut le revendiquer! Mais nous ne sommes pas encore majoritaires (absolus). Nous avons donc le devoir de convaincre nos concitoyens que le chemin que nous proposons est le meilleur et nous avons aussi le devoir de trouver les hommes et les femmes qui sont prêts à faire un bout de chemin avec nous, bien que venant d’horizons divers.

Roccu GAROBY / Vice-Président de l’Alliance Libre Européenne Jeune

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