Visca Catalunya Lliure! La Catalogne aussi aura son référendum!

Jeudi 6 octobre 2016, le Parlement catalan, sur proposition du Président du gouvernement, Carles Puigdemont, a adopté le principe d’un référendum d’auto-détermination à organiser d’ici 1 an, avec ou sans l’accord de Madrid.

Une feuille de route claire et précise!

5009567_3_2b8a_le-president-catalan-carles-puigdemont-lors_cd8000fb787856b93e183ea77f89baccLors des dernières élections législatives catalanes (27/09/2015), les indépendantistes avaient recueilli une majorité absolue des sièges au Parlement catalan (72 sur 135). Et avec 56,7% des voix, les partis en faveur du ”droit à décider” (JXS, CUP et Catalunya Si Que Es Pot -gauche construite autour de PODEMOS), les Catalans avaient donné un mandat clair au nouveau gouvernement afin d’organiser l’auto-détermination.

Et c’est chose faite! Du moins, pour la ”feuille de route” qui est aussi claire que précise. D’ici l’été 2017, les nouvelles structures du nouvel Etat catalan seront mises sur pieds. Pendant ce temps-là, le Gouvernement catalan négociera, encore et encore, avec Madrid la possibilité d’organiser un référendum reconnu par l’Espagne, sur le modèle écossais. Mais en cas d’échec, et c’est là que réside le vrai changement à Barcelone, un référendum unilatéral se tiendra dans la seconde moitié de septembre 2017, soit 2 ans après l’élection de la nouvelle majorité.

Enfin, en cas de victoire, l’indépendance sera proclamée et de nouvelles élections constituantes seront convoquées pour mars 2018. Cette nouvelle Assemblée aura le devoir de rédiger une Constitution qui sera soumise au vote des Catalans.

 

Le respect incessant de la légalité

Ce qui est marquant dans le cas catalan, c’est l’abnégation du peuple catalan, de la société civile et des partis politiques. Malgré toutes les fourberies faites par Madrid, jamais les Catalans ne se sont laissés emporter dans un élan de violence, qui aurait été, sinon souhaitable, du moins tout à fait compréhensible. Et malgré toutes les saloperies faites par l’Espagne, jamais les Catalans ne se sont écartés de la légalité afin d’assurer le plus haut niveau de démocratie durant tout le processus.

Car, à chaque fois que la démocratie catalane a parlé et déplu à Madrid, cette dernière l’a interdite et rendue illégale comme ce fut le cas en 2010, lorsque le Tribunal Constitutionnel espagnol suspendit le statut catalan pourtant validé par le peuple catalan, le Parlement catalan et… le Parlement espagnol! Ou comme ce fut le cas en 2014, quand ce même Tribunal interdit le référendum prévu le 9 novembre et poursuivit les hommes politiques responsables d’avoir demandé l’avis du peuple. Ou bien encore comme cette année quand ledit Tribunal commença à poursuivre la Présidente de l’Assemblée de Catalogne, Carme Forcadell, pour avoir organisé un débat sur l’avenir de la Catalogne!

Mais voilà, l’Espagne, dont on croyait que la transition démocratique était vieille de 40 ans, a démontré, à l’instar de la France et d’autres pays européens, que la démocratie ne vaut la peine que quand elle sert ses intérêts! Et les Catalans l’ont compris à leurs dépends. Pourtant, ils vont encore essayer de convaincre qu’un référendum démocratique et reconnu par toutes les parties est, et demeure, la meilleure voie de sortie pour chacun. Mais, pour se mettre d’accord, il faut être 2! Barcelone sera prête, qu’en sera-t-il de Madrid? En tout cas, les Catalans ont compris, qu’il ne sert à rien d’attendre éternellement, et que leurs droits de peuple, inaliénables et imprescriptibles, ne peuvent être niés ad vitam aeternam.

Le PSOE préfère les franquistes à la démocratie!

Mais, si à Madrid, il y a un parti qui porte une responsabilité plus lourde que celle des autres, c’est bien le PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol). Pour avoir refusé d’organiser un référendum légal et reconnu en Catalogne, ce qui lui aurait permis d’avoir une majorité aux Cortès (majorité relative PSOE-PODEMOS + soutien des nationalistes catalans et basques), le PSOE est entré dans une phase d’implosion totale, son Secrétaire Général, Pedro Sanchez, ayant été poussé vers la sortie et les barons locaux ayant pris le pouvoir.

Mais pire, en refusant d’assumer ses responsabilités: offrir une alternative crédible et enviable au PP (Partido Popular – droite jacobine), Pedro Sanchez et le PSOE ont préféré laisser le pouvoir aux corrompus et franquistes qui composent le PP, les plus farouches opposants de la démocratie en Espagne comme en Catalogne!

Le PSOE, parti de la transition démocratique, pourrait ne pas se relever de cette trahison et les Catalans ne plus rien avoir à attendre de Madrid! Mais, au-delà de Madrid, le combat du gouvernement catalan se joue aussi, et surtout, à Bruxelles désormais!

Un débat européen!

untitledLa situation en Catalogne fait évidemment écho à celle de l’Ecosse. Le Parlement européen et la Commission européenne, garants de la démocratie européenne, ne peuvent rester de marbre face à la situation catalane, d’autant plus que récemment, et à juste titre, ils se sont montrés plus que réceptifs vis-à-vis des choix des Ecossais.

Le débat est le même, qu’on soit de l’autre côté de la Manche ou de l’autre côté des Pyrénées. Les peuples ont droit à l’auto-détermination, ce droit est inscrit dans la charte des Nations Unies, et la Commission européenne et le Parlement européen ont le devoir de garantir la démocratie en Europe.

Désormais, ce n’est plus un simple combat pour l’auto-détermination du peuple catalan qui commence mais une lutte pour la restauration de la démocratie! Nul démocrate en Europe ne devrait s’opposer à ce référendum, tout démocrate en Europe devrait en respecter le résultat!

Pour ma part, je serai, sans équivoque aucune, du côté de ceux qui veulent faire vivre le droit des peuples! Visca Catalunya Lliure!

Roccu GAROBY

Vice Président de l’Alliance Libre Européenne Jeune

Advertisements