2018: En faire l’An II de l’Europe des peuples!

2017 a été une année exceptionnelle pour les nations sans État d’Europe (Brexit en Irlande du nord, Écosse et Pays de Galles, référendum et élections en Catalogne, élections en Corse…) avec des hauts et des bas mais surtout un seuil jamais atteint dans les revendications démocratiques de nos peuples ! Sur les solides bases de 2017, faisons de 2018, l’an II de l’Europe des peuples !

L’auto-détermination en ligne de mire !

untitled2014 (référendum en Écosse et en Catalogne, élections européennes…) avait été une année charnière pour mettre en avant la possibilité et -surtout- le besoin d’une autre Europe, d’une Europe démocratique, durable et diverse : bref, d’une Europe des peuples. 2017 aura été une année exceptionnelle avec un seuil démocratique et politique jamais atteint car désormais l’Europe entière est consciente qu’il existe des revendications démocratiques soutenues par des peuples qui souhaitent la rediriger dans une toute autre direction, tout en renforçant la construction européenne.

À un an du grand débat européen (Brexit en mars 2019, élections européennes en mai de la même année et renouvellement de la Commission européenne ensuite, en novembre avant un possible changement de Traité européen), 2018 sera une année charnière pour les nations sans État qui, avec l’autodétermination en ligne de mire, devront, dès cette année, reprendre leur destin en mains et présenter une alternative à l’Europe d’aujourd’hui.

Sur le plan électoral, l’année 2018 devrait être relativement calme, à l’exception notable du référendum sur l’indépendance de la Kanaky qui prouve que la France n’est ni ”une” ni ”indivisible” et de quelques élections, notamment en Italie ; il y aura très peu de scrutins au niveau étatique ou régional. Pourtant, il serait faux de croire qu’en l’absence d’élections notre combat politique est suspendu, au contraire !

D’abord, les nouvelles majorités fraîchement élues (corse, catalane, mais aussi nord-irlandaise ou même écossaise) devront batailler avec leur État central respectif (France, Espagne, et Royaume-Uni) pour que leurs revendications légitimes et validées démocratiquement par le peuple soient reconnues et respectées. Nous devons donc rester totalement mobilisés afin de soutenir nos gouvernements qui auront besoin du soutien populaire pour faire plier les jacobins, (notamment u nostru Guvernu corsu).

De plus, en période ”électoralement creuse”, il est extrêmement important que les citoyens, les associations, les organisations politiques ou non débattent, échangent et travaillent sur le fond, encore le fond et toujours le fond. Car ne doutons pas que si les nationalistes gouvernent en Écosse, en Catalogne, en Corse et ailleurs c’est parce qu’ils ont, durant des décennies d’opposition, préparer, travailler, adopter un programme politique. Et si nos élus se battent aujourd’hui pour la Corse de demain, nous, citoyens, avons le devoir de préparer dès demain, la Corse d’après-demain dans le sillage tracé par ceux qui, aujourd’hui, sont aux responsabilités.

Le chemin de l’émancipation sera long et nous ne devons ni fragiliser nos gouvernements, ni nous endormir sur nos lauriers.

La ”refondation” de l’Europe !

Traite-LisbonneDepuis son élection, Emmanuel Macron annoncequ’il souhaite ”refonder l’Europe”. Depuis, voyant le souffle de l’euroscepticisme monter, sans l’analyser par ailleurs, ou voulant relancer la construction européenne par conviction ou encore en réponse au Brexit, à Trump et/ou à Poutine, de nombreux gouvernements européens se sont lancés, eux aussi, dans un vaste projet de ”refondation”. Même Merkel souhaite désormais que son futur gouvernement, si elle en forme un, probablement avec les socio-démocrates, se concentre sur la question européenne.

Répondons-leur : Chiche ! Travaillons, débattons et échangeons pour que nous, peuples et nations sans État et minorités d’Europe, portions un autre projet, une autre vision, un autre imaginaire européen qui soit différent du leur.

Si le statut quo actuel en Europe est morbide, le retour en arrière serait, pour nos nations sans État, mortel avec un enfermement perpétuel dans un tête-à-tête avec ”nos jacobins respectifs”. Cependant, nul ne peut se satisfaire de cette Europe qui préfère écouter les doux conseils d’un lobbyiste plutôt que le cri du cœur d’un peuple qui souffre ! Nul ne peut admettre que des milliards soient enlevés aux personnes et aux territoires les plus fragiles quand des sommes plus gigantesques encore sont trouvées pour sauver le système bancaire ou sont planquées dans des paradis fiscaux. Nul ne peut comprendre que l’on défende la diversité culturelle en Europe et dans le monde mais qu’on discrimine certaines langues et cultures au sein de l’Union Européenne ! Il nous faut donc une Europe qui soit véritablement démocratique, résolument sociale et passionnément diverse.

Enfin, et c’est sûrement le plus important, car cela nous dépasse, en tant qu’êtres humains ou que nations : en 2015, à Paris, le monde entier, y compris l’UE, a signé puis ratifié un accord pour lutter contre le réchauffement climatique. Il est temps que cet accord ne soit plus un bout de papier, ni même la trame lyrique des plus beaux discours mais qu’il se traduise en mesures concrètes et visibles sur le terrain. Déjà 2 ans de perdus, et pour l’instant, rien, ou très peu, à l’horizon pour les prochaines années. Nous, peuples et nations sans État, devons être à la pointe du combat contre le réchauffement climatique, à la fois pour défendre nos territoires mais aussi notre Planète-Mère.

Espérons que 2018 soit une année riche en autodétermination des peuples, en liberté retrouvée et en travail de fond pour penser et construire une autre Europe, bref que 2018 soit l’An II de l’Europe des peuples ! Pace è Salute à tutte è à tutti !

Roccu GAROBY

Vice-président de l’Alliance Libre Européenne Jeune

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