Roccu Garoby interview Arritti

Le 14 février dernier, se tenait à St-Jacques de Compostelle l’AG de l’ALE, parti politique européen, regroupant une quarantaine de partis nationalistes en Europe pour la défense des droits de l’homme et des droits des peuples, la reconnaissance des langues et des nations sans Etats, mais aussi la justice sociale, l’écologie, la lutte contre les inégalités de toutes sortes, l’équilibre Nord-Sud… L’ALE a été fondé à Bastia, en 1981.

Parallèlement, se tenait l’AG de Efay, le parti jeune de l’ALE. Pour la deuxième année consécutive, Roccu Garoby, porte-parole de PNC Ghjuventù, a été élu président de l’ALE Jeunes. Il répond aux questions d’Arritti.

 

Qu’est-ce que l’ALE Jeunes ?

C’est un parti politique qui réunit une quarantaine de partis nationalistes, autonomistes, ou représentants des minorités partout en Europe, dans les sections jeunes. Nous sommes représentés dans quasiment tous les Etats de l’Union et d’Europe. Notamment les Catalans, les Basques, les Flamands, bien sûr le PNC Ghjuventù en Corse, les Ecossais, et bien d’autres encore. Lors de notre assemblée générale, j’ai été réélu en tant que président, mais surtout  nous avons adopté un programme politique pour les élections européennes. C’est la première fois que notre parti le fait. On y a défini les principaux axes de notre campagne.

 

En quoi la Corse est-elle concernée ?

L’axe principal de notre campagne est de dire « nous sommes pour l’autodétermination ». Et je dirais même, nous, section jeune, nous sommes la génération de l’autodétermination. C’est-à-dire que nous vivrons dans l’Ecosse indépendante, la Catalogne indépendante, dans la Corse autonome pour nous. Mais la question est « est-ce qu’on le fait dans 30 ou 40 ans, avec le risque que nous perdions d’ici là notre langue, notre culture, notre terre, a nostra via di campà comme on dit chez nous, ou est-ce qu’on la fait maintenant ? Maintenant, c’est se dire que dans 10 ou 15 ans la Corse est autonome avec un statut de résident, un statut de coofficialité pour la langue corse, avec du pouvoir fiscal, à travers notamment la question de l’arrêté Miot résolue. Et dans ce cas là, on commence à construire dès à présent le chemin d’une Corse autonome dans un espace européen renforcé.

 

Convaincre dans les territoires c’est une chose, convaincre les représentations parlementaires, en France notamment, c’en est une autre. Comment comptez-vous l’expliquer ?

Notre combat est strictement public et démocratique. C’est notre ligne directrice. Nous excluons la violence. Et donc c’est par la conviction, le débat politique et les urnes, que nous allons convaincre ceux qui sont réticents. Prenons l’exemple de la Charte européenne des langues minoritaires. C’était dans les propositions du candidat François Hollande. Il l’a mis sous le tapis durant plusieurs mois, c’est revenu dans l’actualité parce qu’il y a eu, au parlement européen, au terme de plusieurs mois de travail et d’un intense lobbying, un rapport pour lutter contre les langues en danger de disparition, présenté par un Corse – notre député européen, François Alfonsi – qui a été adopté à une écrasante majorité. Et c’est revenu aussi dans l’actualité parce que les Bretons sont descendus dans la rue avec bonnets rouges sur la tête et ont demandé la reconnaissance du fait breton. C’est pour ces raisons que le gouvernement français a été contraint de remettre sur la table la question de la Charte européenne sur les langues minoritaires.

 

Ces actions peuvent-elles réellement aboutir ? Beaucoup sont sceptiques…

Nous nous battons en Corse, pour que grâce au vote de l’Assemblée de Corse pour un statut de coofficialité, ces questions soient mises sur la table. La Charte des langues minoritaires fait partie des textes européens, et donc l’Union européenne, la Commission européenne, a l’obligation de la mettre en place et de la faire respecter. Nous disons à l’Etat français, vous ne pouvez pas dire aux autres, et notamment aux pays entrants « respectez la charte », et nous en France, ne pas la respecter. Nous demandons donc à la France d’appliquer cette charte et nous demandons à la Commission européenne de la faire appliquer, au point de convaincre l’Etat français de la ratifier.

 

Il ait une demande du côté des élus de la Corse d’obtenir à terme le principe d’un siège pour ce qui concerne les élections européennes directement attribué à la région Corse, est-ce possible ?

C’est réalisable, c’est nécessaire et c’est souhaitable. Dans l’espace français vous avez 74 députés, mais si vous laissez faire les choses, vous finissez avec 50 Parisiens, 20 Marseillais et quelques Lyonnais, et vous n’avez pas les territoires représentés. Si l’on a pas le moyen de représenter les territoires spécifiques comme la Corse, la Bretagne, ou encore les territoires d’Outremer, qui ont déjà un statut particulier dans le mode de scrutin aux élections européennes, vous n’aurez jamais personne qui défendent ces territoires-là à Bruxelles. Or, tous les territoires doivent être défendus, et pour défendre un territoire corse, il faut qu’il y ait une circonscription, ou au moins une section dans la circonscription Sud Est, réservée à la Corse. Ensuite, c’est le débat démocratique qui fera que ce sera telle ou telle mouvance politique qui sera désignée pour représenter la Corse.

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